Compter les calories serait inutile?

Vous connaissez certainement l’idée selon laquelle la cause de l’obésité ou du surpoids est un excès de calories : on mange plus de calories que nécessaire par rapport à ce que l’on brûle. Cela semble une évidence pourtant cela ne repose sur aucun élément scientifique sérieux et raisonnable. Par conséquent tous les régimes qui sont basés sur un contrôle des calories sont destinés à l’échec.

Comment pouvons-nous affirmer cela ? C’est très simple ; il suffit de considérer un grand nombre d’études scientifiques réalisées selon différentes approches et d’observer les résultats.

Dans une première étude, une restriction de 1000 calories par jour pendant un an n’a abouti qu’à une perte de poids de 1 kg environ, sauf chez les personnes qui pratiquaient un exercice physique régulier 4 à 5 fois par semaine, pour lesquels la perte de poids a atteint 2,2 kg.

Dans une seconde étude des personnes obèses ont pratiqué des exercices réguliers tout en consommant un maximum de 1500 calories par jour pendant un an. Un an après la fin du régime la perte de poids moyenne s’établissait à 5,2 kg.

Dans une 3e étude concernant des individus ayant un indice de masse corporelle de 36 c’est-à-dire obèses (une corpulence normale se situe entre 18 et 25 d’IMC), un régime pauvre en graisses contenant un maximum de 1200 à 1500 calories par jour a été consommé sur une période de 2 ans : le résultat, une perte de poids de 2,1 kg.

Enfin une 4e étude concerne des individus ayant un indice de masse corporelle de 25,5, consommant  un régime pauvre en graisses mais élevé en sucre pendant une période de 12 mois. Le résultat un an après la fin du régime ? Pour le groupe qui ne pratiquait que le régime le poids est resté le même, pour le groupe pratiquant le régime et des exercices physiques de 30 minutes 4 à 5 fois par semaine, la perte de poids s’est établie à 1,9 kg. Rien de très spectaculaire.

Autrement dit, un an après une longue période de régime extrêmement restrictif, la perte de poids moyen se situe autour de 2 kg, sauf dans les cas où les personnes pratiquent un exercice régulier. Si l’on considère le poids initial des participants, c’est un résultat vraiment faible, parce que par exemple pour une personne ayant un indice de masse corporelle de 35 on peut considérer que son poids est supérieur de 50 % à ce qu’il devrait être. Ainsi, si votre poids idéal est de 70 kg, avec un indice de masse corporelle de 35 vous pèseriez plus de 100 kg : une perte de poids de 2 à 5 kg est extrêmement insuffisante pour une telle personne.

À la base de tous ces échecs, une idée fausse : les personnes qui sont en surpoids n’ont guère de volonté, sont incapables de se tenir à un régime alimentaire strict, ou sont simplement trop gourmandes. Lorsque l’on constate le nombre de personnes obèses autour de nous, et que l’on y ajoute le nombre de personnes qui sont simplement en surpoids, on est obligé de se dire que personne n’a de volonté ou que tout le monde est trop gourmand. Mais la réalité est autre : les régimes ne fonctionnent pas parce que le principe des calories en excès est inexact.

Est-il important d’être mince ? Lorsque l’on examine la relation entre la santé et l’indice de masse corporelle cela paraît évident il existe une relation de causalité forte entre cet indice et le taux de mortalité, pour les personnes obèses. En revanche le lien de causalité est beaucoup moins évident pour les personnes qui sont simplement en surpoids, c’est-à-dire pour un indice de masse corporelle située entre 25 et 27, 5. Dans ce cas, le surpoids semble néfaste pour les personnes les plus jeunes, âgés de moins de 60 ans. Pour les seniors en revanche il semble qu’un certain surpoids soit favorable car il permet à l’organisme de disposer de réserves en cas de maladie telle que la grippe. Autrement dit si vous avez plus de 60 ans et que vous avez un peu de gras ne vous inquiétez pas trop : cela pourrait maximiser vos chances de survie. Mais en réalité l’indice de masse corporelle nous dit très peu de choses de la santé de l’individu, il ne prend pas en compte la masse osseuse qui varie fortement selon les individus, il ne prend pas non plus en compte la composition du corps c’est-à-dire les endroits où la graisse est située.

D’une manière générale la graisse est stockée sous la peau et se répartit de façon à peu près équivalente sur toutes les zones du corps. Lorsque l’on stocke trop de gras, la graisse commence à grandir autour de l’abdomen et des organes internes. Cette graisse est tout à fait néfaste, contrairement à la graisse sous-cutanée qui nous permet de disposer de protection contre le froid et de réserves d’énergie. Pourquoi la graisse abdominale est-elle néfaste ? Parce qu’elle cause une inflammation des tissus : pour caricaturer lorsque les cellules sont saturées de graisse, elle se met à souffrir et des globules blancs macrophages viennent réparer les dégâts. Ce faisant les macrophages relâchent des substances qui provoquent l’inflammation. La graisse abdominale est donc toxique pour le corps puisqu’elle se situe au niveau d’organes extrêmement importants pour la vie : le foie, le pancréas, la rate.

Par ailleurs, l’obésité se traduit par des taux de triglycérides élevés, ce qui est associé à un risque cardiaque important. Les obèses souffrent également fréquemment d’une pression sanguine élevée qui est également un risque de facteur important.  En outre un taux de sucre important dans le sang risque à terme de provoquer du diabète. Pour terminer on sait également que le cerveau souffre dans le cas de personnes obèses. Si vous avez un tour de taille trop élevé il est donc important de revenir à un poids normal.

Les compléments alimentaires à base de collagène

Les suppléments au collagène marchent-ils ?

L’apparence de la peau est un élément majeur de votre beauté.  Les femmes prennent un soin particulier de leur épiderme, alternant masques de beauté, visites chez l’esthéticiennes en plus de l’usage quotidien de crèmes de jour et de nuit.

Il existe en outre de nombreux produits réputés améliorer l’apparence de votre peau, notamment certains compléments alimentaires. C’est le cas des pilules de collagène, un produit que l’on trouve également sous forme de boissons.

Le collagène, un élément majeur

Le collagène est effectivement un élément extrêmement important pour le corps humain. C’est une protéine qui représente à elle seule environ 25% à 30% des protéines présentes dans l’organisme – qui elles-mêmes représentent 20% de la masse corporelle- et jusqu’à 75% pour la peau. C’est une protéine dure et fibreuse qui agit comme une sorte de matrice qui soutient les cellules : on dit que c’est une protéine structurale. A poids égal, le collagène est plus résistant que le fer !

La fabrication du collagène

Il existe en tout 28 types de collagène, qui ont chacun des rôles bien précis dans l’organisme : articulation, cartilages, et même l’humeur vitrée à l’intérieur de l’œil.  80 à 90% du collagène de notre corps est composé uniquement des types I, II et III.

Dans la peau, le collagène est majoritairement situé au niveau du derme, et va servir de support aux cellules. Il est fabriqué par des cellules spécifiques, les fibroblastes, qui vont générer une molécule appelée procollagène à partir des acides aminés issus de votre alimentation, mais également de vitamine C.

Ce procollagène s’assemble ensuite sous une forme appelée tropocollagène, qui s’assemble sous forme de fibrilles. Plusieurs fibrilles ensemble vont former le collagène qui donne à sa peau toute son élasticité.

Le collagène est donc un produit synthétisé par vos propres cellules, en suivant des transformations biochimiques complexes.

La baisse de collagène, un phénomène inévitable

Les femmes produisent naturellement moins de collagène que les hommes. De plus, la production de collagène baisse avec l’âge à partir de 30 ans. Autour de la cinquantaine, la production de collagène connaît une forte réduction et les signes de vieillissement s’accentuent.  C’est pourquoi les crèmes de beauté et autres produits hydratants n’auront que très peu d’effets sur les rides : c’est avant tout le collagène – ou plutôt le manque de collagène- qui est coupable. Deux autres éléments donnent à la peau son élasticité : il s’agit de la kératine et de l’élastine.

En dehors de l’âge, la production de collagène dans l’épiderme se trouve grandement affectée par les facteurs externes : l’exposition au soleil, les aliments que l’on consomme, la pollution, le fait de fumer des cigarettes, certains médicaments, mais également les drogues et l’alcool, sans oublier une consommation de sucre excessive comme on en retrouve dans l’alimentation moderne.

Lorsque la production de collagène diminue, de fines rides apparaissent. Le collagène étant aussi présent dans tout l’organisme, une telle baisse peut également affecter les os et provoque une modification assez profonde de leur structure.

 

Doit-on avaler du collagène ?

Il peut donc être tentant d’avaler des suppléments alimentaires à base de collagène, sous forme de pilules ou de boissons. Cela peut-il fonctionner ? Les témoignages clients sur des sites marchands comme Amazon donnent une idée très positive : les clients évoquent une peau plus jeune et même une meilleure santé des cheveux voire une repousse plus rapide des ongles.

Les fabricants de ces produits mettent en avant une grande variété d’avantages. Les suppléments alimentaires au collagène auraient selon eux les capacités de réduire les rides, retendre la peau, améliorer son élasticité et au final lui faire retrouver une apparence plus jeune.

D’un point de vue scientifique, c’est une ineptie. Pourquoi ? Tout simplement parce que le collagène est une protéine. Une fois avalée, cette protéine se dirige vers votre estomac ; et le processus de digestion la brise en petits morceaux pour retrouver les éléments qui la composent, qui sont les acides aminés. Le corps va ensuite utiliser ces acides aminés selon le besoin. Certains vont aller dans le sang pour se joindre à d’autres, certains vont être dirigés vers le foie qui s’en servira pour fabriquer l’albumine sanguin, les lipoprotéines ou les enzymes du foie.

Il n’existe aucune possibilité pour le corps de diriger les acides aminés issus de la digestion de collagène, vers les cellules produisant du collagène. C’est totalement impossible. Les acides aminés du collagène sont au nombre de trois : il s’agit de glycine, de proline, et d’hydroxyproline. Chacun de ces trois éléments sera utilisé, après la digestion, en fonction des besoins de l’organisme, exactement de la même manière que les acides aminés dérivés d’un morceau de fromage ou d’une viande grillée.

Les bons résultats observés par les clients satisfaits ne résistent pas à l’analyse. Il s’agit au mieux d’effets imputables à un autre changement, au pire d’un simple effet placebo. Mais dans la plupart des cas on peut parier qu’il n’y a en réalité aucun changement, et que la personne voit un changement parce qu’elle a dépensé de l’argent dans des produits dont elle pense qu’ils marchent. C’est un phénomène psychologique bien connu, que l’on appelle le biais de confirmation.

Faut-il utiliser des crèmes à base de collagène ?

La peau est une structure très résistante. Pour pouvoir la pénétrer, une substance quelconque doit avoir une taille particulière. Malheureusement, les cellules de collagène présentes dans les crèmes de beauté sont trop grosses pour passer à travers l’épiderme. Elles vont donc rester à la surface de la peau, d’autant plus facilement qu’elles forment une sorte de colle – n’oubliez pas que la gélatine alimentaire est faite à partir de collagène, et que la partie « colla » dans le mot collagène signifie tout simplement « colle ». Lors de votre prochaine douche toutes ces molécules de collagène disparaissent, sans avoir eu aucun effet sur votre peau.

Mais si d’aventure certaines molécules de collagène parvenaient à passer à travers la barrière cutanée, comme le prétendent certains fabricants qui vendent du collagène « micronisé » elles seraient détruites par le système immunitaire qui reconnaîtrait aussitôt qu’il s’agit d’un corps étranger ne possédant pas le même ADN que vos propres cellules de collagène. Résultat ? Zéro.

Comment améliorer la production de collagène ?

En premier lieu, protégez-vous du soleil. De nombreuses études montrent que les ultra-violets solaires détruisent le collagène.  La qualité du sommeil joue également un rôle dans la production de collagène.

Mais vous pouvez aussi changer vos habitudes alimentaires. La consommation d’aliments contenant des antioxydants est ainsi favorable. Les aliments richement colorés contiennent souvent des anti-oxydants ; c’est le cas des tomates, des pastèques et des pamplemousses qui contiennent un anti-oxydant naturel, le lycopène. D’autres anti-oxydants existent comme le Resvératrol que l’on trouve dans la peau du raisin – et donc dans le vin rouge – ainsi que le Pérostilbène. On peut se procurer ces substances en gélules.

Un élément fondamental pour la fabrication du collagène est la vitamine C, qui n’est pas fabriquée par notre organisme et doit donc provenir de notre alimentation. Si vous n’aimez pas consommer de la vitamine C non naturelle, optez pour des agrumes, pour des fraises et des poivrons. En outre, certains légumes comme les brocolis, les choux fleurs et le kale contiennent des glucosinolates qui possèdent la propriété de combattre les radicaux libres qui attaquent le collagène. Pour la bonne mesure, ajoutez des poissons telles que les sardines, qui contiennent des acides gras de type Oméga 3 dont les effets anti-inflammatoires et antioxydants ont été démontrés.

Ennemi de notre santé dès qu’il dépasse certains niveaux, le sucre est aussi responsable de la diminution de collagène. Si vous n’êtes pas déjà convaincu par une nutrition pauvre en sucres, vous devriez y penser. Outre les bienfaits sur le collagène, il en existe une myriade d’autres parmi lesquelles la réduction de risque de maladies cardiovasculaires.

Comment prendre soin de sa peau ?

Les produits exfoliants peuvent être utilisés, car ils permettent à l’organisme de générer plus rapidement du collagène. Préférez les exfoliants contenant des AHA (acides alpha hydroxyliques), une substance capable de dissoudre les lipides qui maintiennent les cellules ensemble. Attention, après avoir utilisé un exfoliant aux AHA votre peau est encore plus sensible au soleil, pensez à la protection solaire.

En ce qui concerne les crèmes, les produits contenant des anti-oxydants sont favorables au collagène : extraits de thé vert, DHEA…

Essayez également les produits contenant du Rétinol, un dérivé de la vitamine A qui empêche la dégradation du collagène.

Que faut-il penser des injections à base d’acide hyaluronique ?

Les injections d’acide hyaluronique permettent de stimuler la production de collagène autour de la zone d’injection. Elles sont bien tolérées par l’organisme, mais elles exigent un traitement régulier.

Le traitement de la peau à base de laser

Lorsque la peau subit une agression telle qu’une abrasion ou une blessure, la production de collagène augmente afin de favoriser la réparation de la peau. Certains types de laser ainsi que certains équipements à radiofréquences ou faisant appel au dioxyde de carbone sont utilisés par les dermatologues et permettent de soumettre la peau à une agression contrôlée de manière à simuler la production de collagène.

 

 

Le soja est-il bon pour la santé?

Photo (c) Baltar

Le soja est un aliment controversé. Selon les uns, c’est un aliment de haute valeur nutritive, selon les autres c’est un poison responsable de déséquilibre hormonal.

Comme souvent en matière de nutrition il y a du vrai du faux des deux côtés, et les études scientifiques citées pour ou contre sont fréquemment entachées d’erreurs.

Pourtant lorsque l’on pèse le pour et le contre il faut bien constater que le panorama n’est pas réjouissant pour le soja. Or, ce dernier est fréquemment recommandé comme source de protéines pour les végétariens ou les végétaliens.

Qu’est-ce que c’est que le soja ?

Les haricots, ou graines de soja sont des légumineuses originaires d’Asie, dont l’utilisation est attestée chez l’humain depuis plus de 5 000 ans. Le soja est aujourd’hui produit de manière intensive dans de nombreux pays du globe, et sert de base pour fabriquer différents types de nourriture, parmi lesquelles le tofu, le lait de soja, des yaourts à base de soja, les germes de soja et différent aliments de substitution pour la viande tels que les saucisses végétariennes. On le consomme également sous forme fermentée, comme le miso, le natto et le tempeh

Dans les pays occidentaux le soja est consommé sous forme de produits raffinés produits à partir des graines. On commence par extraire l’huile de soja (La graine de soja contient environ 30% de lipides et 40% de protéines au cours d’un procédé appelé trituration, qui fait appel à un solvant chimique, l’hexane. Le produit restant, appelé tourteau de soja, contient environ 50 % de protéines, et on l’utilise notamment pour nourrir le bétail, mais il peut aussi passer par des étapes supplémentaires afin d’en extraire la protéine. En raison de leur faible coût l’huile de soja et les protéines de soja sont présentes dans de nombreux types de nourriture industrielle, par exemple sous forme de farine, ce qui fait que beaucoup de personnes en consomment sans même le savoir.

Dans certains pays comme les États-Unis –premier producteur mondial- plus de 90 % du soja produit est d’origine génétiquement modifiée et les récoltes sont aspergées d’herbicides dont on connaît les effets sur la santé. En Europe, le soja est d’origine non transgénique.

Pour résumer : le soja est un végétal cultivé de façon intensive et présent dans de nombreux aliments industriels.

Quels sont les nutriments contenus dans le soja ?

Le soja contient une grande variété de nutriments importants. Dans 100 g de haricots de soja cuit, on trouve du manganèse, du sélénium, du cuivre, du potassium, du phosphore, du magnésium, du fer, du calcium, des vitamines B6, B2, B1, et de la vitamine K. Le tout ne contient que 173 calories, dont 9 g de lipides, 10 g de glucides et 17 g de protéines. Cette teneur en protéines est particulièrement élevée pour un végétal, bien qu’elle soit plus faible que pour la viande ou les œufs. Mais la cuisson du soja à haute température dénature certaines de ces protéines et réduit leur qualité.

Des anti-nutriments dans le soja ?

Cependant cette richesse en nutriments doit être prise avec du recul, parce que les haricots de soja contiennent également un niveau élevé d’anti-nutriments, comme la plupart des végétaux. Les anti-nutriments servent de protections contre les agressions extérieures susceptibles de nuire à la plante, depuis les radiations solaires jusqu’aux bactéries, aux champignons ou aux animaux désireux de les consommer.

Le soja est l’une des plantes les plus riches en phytates ou acide phytique. Présents dans toutes les légumineuses, comme les haricots – y compris les haricots verts-, les pois, les lentilles ou les arachides, les phytates sont des substances qui s’associent avec certains minéraux comme le zinc, le cuivre ou le fer, pour former des sels insolubles, ce qui en empêche l’absorption.

Il en résulte une déminéralisation que l’on constate, par exemple, chez les personnes qui consomment beaucoup de pain complet. C’est particulièrement vrai pour le zinc, qui joue un rôle fondamental dans le corps, qu’il s’agisse du système nerveux, de la reproduction, de la synthèse des protéines ou du développement cérébral.

La plupart des légumineuses et des céréales contiennent des phytates au niveau de leur enveloppe. Pour s’en débarrasser en partie une solution consiste à faire tremper les légumineuses dans de l’eau vinaigrée ou citronnée ou, pour les farines de céréales, à utiliser la fermentation au levain naturel qui permet de transformer l’acide phytique en substances assimilables par le corps.

Ajoutons que les acides gras contenus dans les haricots de soja sont de type oméga-6 à 53% (contre seulement 7% pour les oméga-3 et 24% pour les oméga-9). Les oméga-6 sont des acides gras polyinsaturés qui peuvent générer des inflammations dans l’organisme et semblent favoriser l’apparition de maladies cardio-vasculaires. L’huile de soja est en outre transformée par la chaleur, qui lui confère des propriétés cancérigènes. Pour ces raisons, il est conseillé d’éviter l’huile de soja et les aliments industriels qui en contiennent.

Pour résumer : malgré ses apparents bénéfices au point de vue nutritionnel, le soja contient nombre d'anti-nutriments et des acides gras qui peuvent se révéler toxiques.

Quels sont les bénéfices pour la santé que l’on peut retirer de la consommation de soja?

Certaines études, mais pas toutes, ont démontré que le soja pouvait réduire le cholestérol de type LDL cependant, le rôle du cholestérol dans les maladies cardio-vasculaires est aujourd’hui contesté.

D’autres études ont montré une influence positive du soja sur le risque de cancer de la prostate qui est un cancer relativement fréquent chez les hommes. Le soja a également un effet sur les bouffées de chaleurs de la ménopause, mais nous verrons plus loin que cet avantage se paie au prix fort.

Le rôle du soja sur le système endocrinien

Les œstrogènes sont des hormones stéroïdes importantes chez les femmes pour lesquelles elles jouent un rôle majeur dans la régulation du développement sexuel et le cycle de la reproduction.

On les retrouve aussi chez les hommes en plus faible quantité. Comme les autres hormones stéroïdes, les œstrogènes voyagent jusqu’au noyau de la cellule et activent les récepteurs d’œstrogènes, pour provoquer des modifications au niveau de l’expression des gènes, d’où résultent des effets physiologiques. Le problème avec les récepteurs d’œstrogènes c’est qu’ils ne sont pas très sélectifs et que plusieurs substances peuvent les activer.

Or le soja contient de larges quantités d’isoflavones, qui sont des phyto-œstrogène capable d’activer les récepteurs d’œstrogènes dans le corps humain. Ils sont donc considérés comme des perturbateurs endocriniens, capable d’interférer avec le fonctionnement normal des hormones dans le corps. Le soja contient plus particulièrement de la genistéine (57% des isoflavones du soja), de la daidzéine (37%) et de la glycitéine (6%).

Ces isoflavones peuvent provoquer des problèmes car ils peuvent générer une activité supplémentaire au niveau des récepteurs d’œstrogènes, ou empêcher les œstrogènes naturels du corps de s’allier au récepteur de la cellule.

C’est à cause de ces caractéristiques que les isoflavones sont parfois utilisés comme des médecines naturelles pour traiter les symptômes de la ménopause. Ils peuvent également être utilisés pour réduire les risques de problèmes osseux chez les femmes âgées, de la même manière qu’une thérapie aux œstrogènes standards. Mais cette utilisation est controversée, et certains estiment que les risques dépassent largement les avantages potentiels. Plusieurs études sur l’animal ont démontré que les isoflavones contenus dans le soja pouvaient provoquer le cancer du sein. Certaines études sur l’humain ont montré que les isoflavones du soja stimulent la prolifération des cellules dans la poitrine. C’est un élément inquiétant car le cancer du sein représente un risque important pour les femmes mêmes si quelques études ont montré que les femmes qui consomment du soja ont un risque de cancer du sein plus faible.

En ce qui concerne les hommes, la présence d’œstrogènes dans leur système est normale, mais pas à des niveaux élevés. Une étude a montré que l’exposition aux isoflavones du soja sur des fœtus de rats in utero avait un effet négatif sur le développement sexuel des mâles, tandis qu’une autre a trouvé une corrélation entre un faible taux de spermatozoides chez l’homme, et la consommation de soja. Mais comme toujours corrélation ne signifie pas que l’un est la cause de l’autre, et il est difficile de tirer des conclusions de telles études.

Pour résumer : il est probable que le soja agisse comme perturbateur endocrinien. Les effets sont difficile à établir avec certitude.

L’impact du soja sur la thyroïde

Les isoflavones du soja agissent également en tant que substances goitrogènes, ce qui signifie qu’elles interfèrent avec le fonctionnement de la thyroïde, une glande située à la base du cou qui joue un rôle important dans le mécanisme hormonal, notamment au niveau du calcium mais également de l’insuline, de l’adrénaline, ou de l’hormone de croissance, le tout jouant sur les mitochondries qui sont un peu le fourneau des cellules. Lorsque la thyroide fonctionne mal, l’activité physique est rendue difficile et le taux d’oxygénation du sang peut baisser.

Or les isoflavones interfèrent avec le fonctionnement de l’enzyme peroxydase qui est essentielle pour la production des hormones de la thyroïde. Dans le soja, c’est notamment la génistéine qui va jouer ce rôle.

La génistéine, un ami qui ne vous veut pas que du bien

La génistéine ne s’arrête pas là, puisqu’elle ralentit l’activité d’une protéine utilisée par le corps pour transporter le glucose à l’intérieur des cellules, la protéine GLUT1. Un transport de glucose moins rapide signifie une production d’énergie plus lente puisque le glucose est un composant majeur de la création d’énergie cellulaire.

En outre, les isoflavones inhibent un autre type d’enzymes importantes, les tyrosine kinases qui sont impliquées dans le transfert d’énergie d’une cellule vers une autre, jouant ainsi un rôle notamment dans la multiplication cellulaire, la réparation des vaisseaux sanguins et des tissus endommagés. C’est cette action sur les tyrosine kinase qui fait de la génistéine un composé parfois considéré comme utile dans la lutte contre le cancer, puisqu’elle limite la multiplication cellulaire tout en diminuant la construction de nouveaux vaisseaux sanguins vers les cellules cancéreuses. Mais c’est compter sans les effets négatifs démontrés de la génistéine, qui inclut pertes de mémoire, activité physique réduite, voire perte de cheveux. De plus, en réduisant le taux d’oxygène présent dans l’organisme, la génistéine agit en fait comme promoteur de cancer ! Enfin on la soupçonne d’augmenter le risque de démence sénile.

Pour résumer : en raison de la présence élevée d'isoflavones dans le soja, on considère probable que le soja agisse sur le fonctionnement de la glande thyroïde et sur le processus hormonal.

Soja et enzymes

Le soja non fermenté est riche en inhibiteurs enzymatiques. Les enzymes sont des composés qui facilitent certaines réactions biochimiques, une sorte d’accélérateur. Ainsi, lorsque l’on mange le système digestif secrète différentes enzymes, en particulier l’amylase lipase synthétisée par le pancréas et qui joue un rôle dans l’absorption des sucres et des graisses, ainsi que la protéase (ou peptidase) qui va aider à décomposer les protéines. Les inhibiteurs enzymatiques présents dans le soja vont interférer avec ce processus, et rendre la digestion des sucres et des protéines plus difficile. Lorsqu’un composé alimentaire n’est pas complètement digéré, ce sont les bactéries du gros intestin qui font le travail, ce qui se traduit par des flatulences voire des maux de ventre. C’est particulièrement vrai pour les personnes âgées qui disposent de moins d’enzymes digestives ; et qui sont donc plus sensibles à l’action du soja non fermenté.

Que valent les aliments pour bébés à base de soja ?

Nourrir les enfants en bas âge à l’aide de produits à base de soja n’est pas une bonne idée, car cela revient à les exposer aux isoflavones. Une étude a démontré que des petites filles nourries au lait de soja présentaient à l’âge de deux ans plus de cellules au niveau de la poitrine que les petites filles nourries au sein ou à l’aide de produits laitiers.

Une autre étude a montré que les petites filles nourries avec des produits à base de soja ont une puberté plus précoce. Il semblerait également que la consommation de produits à base de soja durant la petite enfance conduise à un allongement du cycle menstruel et à une augmentation de la douleur pendant les règles à la j’adultes.

Par ailleurs le soja possède un taux élevé de manganèse, beaucoup plus élevé que le lait maternel. Le manganèse peut conduire à des problèmes neurologiques ou un déficit de l’attention.

D’autre part les produits pour enfants à base de soja présentent un niveau d’aluminium élevé, ce qui n’est pas sans conséquences pour la santé.

Il est évident que le lait maternel est sans doute l’un des meilleurs aliments pour les bébés mais c’est une femme ne souhaite pas ou ne peut pas allaiter son enfant il faut préférer les formules à base de lait animal plutôt que celles à base de soja.

Pour résumer : par précaution, le soja est à déconseiller pour les enfants en bas âge

Que vaut le soja fermenté ?

De nombreuses populations asiatiques consomment du soja depuis des centaines d’années sans problème apparent. Dans certains cas la santé de ces populations semble même meilleure que celle des populations occidentales, même si cette tendance a évolué au cours des dernières années du fait de l’adoption du modèle de nutrition occidentale.

Pour autant, ces populations consomment principalement du soja fermenté, comme le miso, le natto et le tempeh. La fermentation du soja permet de dégrader une partie de l’acide phytique, mais elle ne le débarrasse pas de tous ses flavonoïdes. Les populations asiatiques utilisent le soja fermenté principalement sous forme de condiments et non comme aliment principal de leur repas. De cette manière, leur consommation totale d’isoflavones issus du soja reste relativement faible.

Pour résumer : les formes fermentées du soja constituent une nourriture acceptable

Le soja et les végétariens

Pour nombre de végétariens le soja est un aliment d’importance qui fournit des protéines en quantité. Pourtant, les éléments que nous venons de citer semblent plaider contre la consommation de soja. Certains reprennent les arguments contre le soja et tentent de discréditer la recherche scientifique en expliquant que nombre de personnes mangent du soja et que les études publiées ne prouvent pas grand-chose, soit parce qu’elles sont de nature épidémiologiques (c’est-à-dire qu’elles trouvent des facteurs qui surviennent en même temps mais sont incapables de dire s’il existe des liens entre les facteurs) soit parce qu’elles sont trop anciennes, ou orientées. Ces critiques ne sont pas fausses, car par nature la recherche scientifique est sujette à caution. Cependant, il faut noter que les mêmes arguments peuvent être adressés contre les études en faveur du soja, qui sont rares et quasiment toutes financées par l’industrie du soja. Enfin, il faut tout de même considérer que pour le soja on n’a pas un seul élément à charge, mais un faisceau d’éléments dont certains sont étroitement ciblés et présentent un indice de certitude assez élevé. Si l’on applique le principe de précaution, il est clairement préférable de s’abstenir de consommer du soja. Peut-on être végétarien sans soja ? Oui, c’est une évidence. Il est de toute façon préférable d’éviter les aliments industriels, dont le soja fait partie.

Pour résumer : les végétariens ont probablement intérêt à éviter les aliments à base de soja.

Que faut-il en conclure ?

Femmes enceintes, adultes, enfants, végétariens ou sportifs, sur la base de ces considérations on ne peut que recommander d’éviter les produits à base de soja, y compris le lait de soja et les protéines issues du soja (isolate de protéines de soja).

Les seuls produits qui paraissent acceptables sont les produits fermentés (miso, natto, tempeh) issus de l’agriculture biologique, dans des quantités qui ne dépassent pas une trentaine de grammes par jour, et de préférence en compensant les effets déminéralisants du soja par des compléments riches en minéraux.

De même, il est particulièrement recommandé d’éviter les suppléments alimentaires destinés à apporter des isoflavones ou de la génistéine.